News; Mode in France

Published: dimanche 02 septembre 2012

Des jeunes
labels hypissimes de la capitale aux marques historiques plus
classiques, les vêtements 100 % production française font fureur. Et la french pride a déjà sa groupie : la « locafashionista ».


Le made in France est-il la dernière posture dans le vent ?
Ces derniers temps, quand on vous félicite pour votre nouveau sac au
look inédit, il est chic de déclarer sobrement : « Je l’ai trouvé dans
un petit atelier de l’Aveyron repris par un jeune HEC. C’est une belle
histoire... » Après des années d’indifférence à la délocalisation (un
T-shirt à 9,99 euros, quelle aubaine !), il semble qu’une prise de
conscience du vrai prix écologique ou social des pièces mode pas chères,
affleure ici ou là. Autrefois apanage peu désirable des austères «
décroissants » ou des militants un peu rances de la « préférence
française », acheter cocardier est devenu une aspiration en vogue,
furieusement tendance.


Des marchés pointus


Il ne s’agit pas – ou plus simplement – d’une posture bobo. « Le
sujet sort aussi peu à peu des thèmes de campagne politique plus ou
moins racoleurs et protectionnistes », note le sociologue et «
captologue » Dominique Cuvillier. « Il est devenu une vraie
préoccupation citoyenne, même si elle est encore assez élitiste. En ce
sens, l’affaire Lejaby (en février, la dernière usine du fabricant
de lingerie, menacée de fermeture, était reprise avec ses salariées pour
faire de la maroquinerie de luxe, NDLR)
a été une sorte
d’électrochoc symbolique pour beaucoup. » Selon une enquête Ifop, plus
de sept Français sur dix se disent d’ailleurs « prêts à acheter plus
cher un produit fabriqué en France ». Même si l’intention ne se
concrétise pas toujours – pour épargner son porte-monnaie –, la tendance
est là. Et particulièrement éclatante dans le domaine de la mode, où le
semi-artisanat est encore possible si l’on vise un marché pointu. La
très sélecte e-boutique La Belle Échoppe, qui va de l’authentique béret basque Blancq-Olibet au perfect T-shirt snob venu de Dordogne, revendique déjà avec succès ce supplément d’âme et de... qualité.





4962 Sac, Chanel. Photo DREt
de nombreuses petites marques qui ont pu émerger en s’autodistribuant
sur le Net se positionnent désormais sur le créneau de la « locafashion
». On est loin des fabricants de polos BCBG, précurseurs du genre et
familiers des ventes de kermesses des écoles privées. Et très près de la
hype, la vraie, celle qui se shoppe dans SoPi (South Pigalle) et au
Centre Commercial (2, rue de Marseille, 75010 Paris), plaisant pied de
nez aux temples de la mode jetable. Ces nouvelles maisons 100 % tendance
et frenchy (Dévastée, Roseanna, Valérie Salacroux, Bérangère Claire...)
sont les chouchoutes de la blogosphère. Laquelle adore narrer les
aventures de jeunes stylistes idéalistes qui réveillent des filateurs
régionaux et des ateliers endormis du 10e arrondissement... Comme Laury
Aragües, jeune Parisienne fondatrice de la très prometteuse griffe Suzie Winkle,
dont les collections sont entièrement fabriquées en France, de la
conception à la réalisation (jacquards, lins et cotons texturés sont
réalisés par des tisseurs tricolores). Ou Clarent et Carole Dehlouz,
fondateurs des boutiques FrenchTrotters, aux superbes chemises faites en banlieue industrieuse.



http://www.chanelsacfr.com


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